Vivre en région touristique pendant la COVID-19

Les vacances s’accompagnent souvent d‘un vent de relâchement et d’insouciance. Mais cette année, le constat de ce relâchement s’assimile davantage à une dangereuse et conséquente insouciance..

C’est l’été, les touristes affluent en cette région de France qui propose un patrimoine architectural et naturel qui attire beaucoup. Zone ni trop chaude, ni trop fraiche en température, des plages ayant conservés leur aspect naturel de littoral presque sauvage en certaines zones, une gastronomie sympathique et des prix plutôt accessibles..

au flot, du Finistere Sud, Bretagne 😊 © l.a.❊

En somme, les familles, les personnes âgées, les gens souvent des régions du nord de l’Europe tendent à apprécier la région pour l’avantage de disposer de plage sans souffrir de forte chaleur. Et je les comprends bien et je ne leur en veut pas.

Mais cette année, je fus moins en aisance de constater ce retour de flot important de gens venant de toute part. En deux jours, de zone verte nous sommes passés en zone rouge vigilance ++. Et tristement, je n’ai pas besoin de préciser de ce à quoi je fais allusion tant cela est devenue sous jacent omniprésent en arrière plan de toutes nos pensées…

Voilà le bilan après tout juste même pas un mois de vacances.. ? mais est-ce vraiment de la « faute des touristes » ?

Je souhaiterai retranscrire mon ressenti sur cette situation et les constats que j’en ai pu faire en traversant la ville au cours de ce dernier mois.

La ville est pleine de vacanciers

La ville était tranquille. Les petites ruelles agréables. Et on commenceait à retrouver un petit goût de vie sereinement, progressivement, tout en ayant adopter les nouveaux réflexes (gel en entrée des boutiques et masque sur le bout du nez). Et en une semaine, les ruelles sont devenues pleines de gens, sans masques, ne considérant plus le gel en entrée en boutiques et touchant à tout partout.. 🙄

La saison touristique des vacances d’été a bel et bien commencé. Mais cette année elle s’accompagne d’un air de malaise pour nous locaux de petites villes habituellement pas surpeuplées. Nous sommes pourtant habitués à ce va et vient estival chaque année de touristes venante de toute part. Mais cet été, cela s’accompagne d’un sentiment plutôt angoissant presque…

tourisme pendant le COVID-19 © l.a.❊

Un accueil en demi-teinte des touristes cette année

Autant la saison touristique est d’habitude une période attendue et appréciée de nombreux commerçants locaux et du secteur du tourisme, comme pour beaucoup de locaux (même si il y en a ne l’appréciant pas du tout bien sur). Autant cette année, on ressent un accueil mitigé de cet afflux de gens venant de partout.

On entend en traversant les rues et les plages, des… « y’en a marre, ils sont venus envahir nos plages. On a même plus de place en notre propre région pour se balader respirer avec distance de sécurité. On était tranquille. On était serein protégé nous ici… Il nous ont amené le virus. La ville est pleine de touristes. On ose même plus y aller. On l’évite. On a peur désormais. En deux jours, de zone verte on est en zone rouge désormais de vigilance +++, c’est de la faute des vacanciers.. c’est eux qui baladent le virus…  » etc etc. Et j’en passe.

Tel est le discours que j’aurai peut être pu moi-même ressentir au début. Pourtant, mon constat est que les comportements moins vigilants ne proviennent pas forcement des touristes venant de loin en vacances.. désolée de l’avouer. C’est comme si rester près de chez soi immunisait et prévenait du virus et d’en être concernés ?!

Je ne ferais pas de commentaire car je peux comprendre que certains se sentent insécures face à cette situation inconnues inédites et cet afflux de gens venant de toute part. Je ne suis surtout pas là pour porter de jugement. La situation est déjà bien assez complexe et particulière pour tous. Je souhaite juste rappeler que cette situation concerne tout et un chacun. Les mesures barrières concernent chacun, touriste comme non touriste.

La vigilance n’est pas affaire que des touristes

Beaucoup de locaux pestent sur l’afflux de touristes leur reprochant de balader avec eux le virus. Bien que contents que cet afflux touristique rime avec relance économique aussi, même si la priorité est la vie car si nous décédons tous, la consommation ne ferait plus vraiment sens…non ? 🙄

Personnellement, je ne suis pas forcement d’accord avec cet élan critique contre les touristes. Pour beaucoup de ce que je peux constater, ceux étant très respectueux des mesures sanitaires sont souvent les touristes. Mesures, dont on sait tous désormais, du moins j’ose l’espérer : masque, distance, gel..

Je constate davantage beaucoup de locaux en vacances qui se relâchent complètement et déambulent nonchalamment presque, se regroupent bien plus que ce qui est préconisé sur les plages ou aux terrasses, et cela bien plus que ce que je peux en constater du comportement des évidents touristes. Ces derniers venant avec toute conscience et protection et leur questionnement avec leur français adorablement maladroit derrière leurs masques (pour beaucoup d’entre eux, vraiment respectueux).

Je ne ressens pas de sentiment contre les touristes. Même si j’avoue que les premiers jours où je constata les ruelles qui étaient vides auparavant devenir pleines de gens venant de toute part, une petite appréhension pouvait être au début, et j’osai presque même plus respirer en rasant les murs pour traverser la petite ville..

Mais je constata que ceux en « mode touriste » de manière très visible ne sont pas forcement ceux les moins vigilant.

Touriste ou pas touriste, une affaire d’adaptation

Touriste ou pas touriste, il s’agit avant tout d’une affaire d’adaptation à cette nouvelle réalité qui nous concerne tous et qui n’est pas forcement évidente. Donc en rien l’idée de juger. Chacun fait du mieux qu’il peut pour tenter de s’en protéger, psychologiquement et physiquement j’ose espérer.

Je ressens qu’en développant cette tentative de compréhension du comportement de l’autre que je ne comprends pas au premier abord, cela peut permettre une aide plus globale pour soi et tous pour s’aider en l’acceptation de cette nouvelle réalité avec laquelle on doit peut être arrêter d’espérer juste qu’elle soit une étape passagère dans un espoir de retrouver nos vies d’avant.

Je ne veux pas stigmatiser les locaux car beaucoup sont adorables, respectueux, laissent passer dans les ruelles pour respecter les distances et sont de bienveillance évidente. Comme partout dans le monde, il y a de toute attitude partout. Cela ne dépend pas du statut social ou d’être vacancier ou pas.

Donc on ne peut clairement pas faire de généralités. Car je pense que cela concerne un peu tous, au-delà du statut touriste ou pas touriste, sans opposition à émettre entre ces deux statuts, situations temporaires.

Le souhait est plutôt de partager un constat de quelques réactions locales par rapport au tourisme et d’y apporter un ressenti et témoignages de constats propres et une réflexion qui en découla sur le pourquoi des réactions des uns et des autres et comment tenter de combiner ce tout vers plus de compréhension mutuelle et de soutien car je pense qu’il peut s’agir de mécanismes de protection pour chacun.

Soleil, vacances et souffle un vent de folie.. ou d’oubli.. ?

Certains locaux ont relâché complètement les gestes dit barrières. Très vite, on pouvait constater les terrasses pleines, certains caissiers étaient sans masque le mois dernier.. Ce qui pour eux, comme pour tous, me choqua personnellement.. (sur cet aspect, je fus perplexe considérant l’inconnu face auquel nous sommes..)

Dans une région souvent concernée par la pluie, dès que le ciel bleu et le soleil pointent, cela a un effet impressionnant sur le mental des locaux 😊tout en émoi de ressortir les sandales et de filer en bord de mer. Ce qui est chouette je l’avoue.

Soleil en Bretagne © l.a.❊

Mais en ville et en boutiques, et lieux clos, restons prudents et conscients. Soleil ne rime pas avec disparition du virus. Pour ceux pas habitués au soleil, quand celui nous fait honneur de sa présence, cela est souvent de suite assimilé aux vacances, détente et le relâchement qui va de pair avec. Mais soleil ne rime pas avec miracle..

Le rappel à l’ordre des mesures sanitaires est de nouveau en diffusion massive de toute part.. à la hauteur du relâchement qui fut plutôt massif aussi..

DE NOUVEAUX REFLEXES A ADOPTER

Est-ce si difficile que cela ? est la question que je me posa alors.

Désolée de mon ton un peu moins emphatique en ce post. Mais sincèrement, nous sommes juste appelés à :

➥ faire attention à où nous posons nos mains et nos affaires
➥ gel en entrée ET sortie de boutiques serait pas mal aussi
➥ ne pas toucher tout en boutiques si on ne prend pas les articles
➥ ne pas se toucher le visage quand nous sommes en extérieur (se frotter les yeux..)
➥ rester en distanciation physique
➥ éviter les mega fiestas avec plein de gens..
➥ le masque en lieu clos ou espace réduit est devenu obligatoire

Si il faut le rappeler à croire parfois. Si cela est déjà évidence pour vous, désolée du rappel, sinon, ni voyez pas offense, SVP. Je comprends que cela peut sembler pas réel ou « too much » parfois. (too much = bien trop, dans le sens exagéré, démesuré)

Boom touristique, petite ville et COVID

Personnellement, le centre ville où je vis est une petite ville médiévale, adorable. Les touristes adorent (et je les comprends 😊). Mais les ruelles sont étroites. Par conséquent, je me retrouve à ressentir le besoin de mettre le masque dans les ruelles aussi depuis l’afflux du tourisme cet été.

Me sentant presque parfois comme dans une boule à neige sans plus trop d’espace pour respirer avec sérénité.. Moi qui adorait déambuler dans ma douce ville hors saison ou en saison estivale sans corona’vibe en arrière plan..

Cela n’est en rien contre les touristes car sans coronavirus, j’adorais ce bain de foule tout sourire émerveillement de tout et apte à voir le beau partout 😊

De la difficulté d’accepter la nouvelle réalité ?

A peine le président annonça le déconfinement que je constata des fêtes s’organiser ici et là. Comme si il avait annoncé : c’est fini, c’est bon ! tout cela est fini. chapitre clos. or NON. Nous devons pour beaucoup ressortir oui. Mais pas forcement faire n’importe quoi et vivre en insouciance et oublier que cette réalité est toujours là. Il ne s’agit pas de paniquer mais pas non plus de l’occulter cette réalité. Mais l’accepter. SVP.. pour vous et tous.

On sait désormais (d’après plusieurs études sérieuses) que le virus reste actif plusieurs semaines sur un objet inerte. Donc par déduction si nous nous mettons tous à toucher tout de nouveau comme avant ici et là, sans ne plus faire attention au lavage des mains et à ce que nous touchons, nous laissons libre court à ce fléau de se propager de nouveau à vitesse grand V.. Une personne contamine une autre, puis une contamine deux, trois etc etc.. Vous connaissez déjà la story.. On y passa il y à peine quelques semaines !!

Le monde oublia ? ou occulta ? ou souhaite ne plus y penser ?

Je comprends le souhait de ne plus y penser.. mais .. il faut sincèrement et sérieusement apprendre à composer avec cette réalité car plus vite nous l’accepterons, plus vite nous serons en gestion de sa propagation. Si aussitôt que cela va mieux, nous arrêtons les gestes de vigilance, cela repart. C’est logique.

➥ Il ne s’agit pas d’un virus de saison qui va et vient avec le printemps.. Preuve fut que le pic fut au printemps..
➥ Il ne s’agit pas d’un cauchemars qui ne concerne que les autres. Cela nous concerne tout et un chacun.
➥ Il ne s’agit pas non plus d’un complot ou d’une rumeur

Je connais 6 personnes décédées subitement en deux mois de cela.. Et sincèrement, cela ne m’enchante pas de le redire encore et encore, pour rappeler que cela est bien réel. svp réalisons et aidons nous à le réaliser, car je comprends que cela soit dur à accepter. Sincèrement je comprends.

Et désormais … ?

Je comprends le souhait de vivre comme avant mais un vaccin ne se trouva jamais en quelques mois ? si ? et un vaccin implique injection du virus en partie non ? je ne suis pas médecin ni chercheur biologiste mais si il y a des scientifiques, éclairez-nous car moi, cette réalité commence de nouveau à me questionner.

Sincèrement, je ressors, je revis, oui.. et ne m’arrêta jamais de vivre par chance même confinée. Mais il s’agit de vivre autrement. Nous sommes appelés à vivre différemment, autrement, plus doucement, plus consciemment.

Par ailleurs, considérant l’actuelle alerte relancée par les médias et les actuelles décisions du port du masque en plein air dans de nombreux centres villes désormais, la vigilance et la conscience qui va avec semble avoir ramené l’évidence que le virus est toujours bien là.

Depuis hier, le port du masque est devenu obligatoire, même en plein air dans le centre ville.

Barricades avec affichage en l’entrée de la vieille ville encercle le centre ville et nous indique que l’on entre clairement en zone, port de masque obligatoire.

Ce jour, il y avait même des policiers, avec mitraillette à la main et fourgon, postés devant la barricade d’une des entrées de la ville..

J’avoue que je ne me suis pas sentie à l’aise au vue de cette scène.. et .. je me demandais même si cela était réel.. et si on est pas en train de nous ancrer de véritables traumas.. ?Comment les enfants vont grandir en cette réalité.. ? et nous.. chacun.. ? Un air de « je ne sais pas », un arrière goût d’étrangeté plane sur la ville.. Je sens que l’on entre, encore, dans une nouvelle étape de cette COVID-19 story..

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Auteur·e

leylacrescente

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